Q’est-ce que la déflation ?

Quel genre de mot est la déflation, déjà ? C’est un terme sous lequel on ne peut rien imaginer. Y a-t-il un lien avec l’économie et peut-être l’inflation ? Après avoir lu les lignes suivantes, vous comprendrez la signification de ce terme. On parle beaucoup d’inflation, de taux d’inflation, de croissance économique et d’indice du climat des affaires. Mais avez-vous déjà entendu parler de déflation dans ce contexte ?

Qu’est-ce que la déflation ?

La déflation désigne une diminution de la moyenne de l’ensemble des prix dans une zone économique donnée, constatée sur une période durable (plusieurs trimestres consécutifs). Elle se caractérise donc par une hausse du pouvoir d’achat de la monnaie sur la période concernée.

Fondamentalement, la déflation fait référence à une réduction persistante du niveau général des prix. Ainsi, tout ne devient pas plus cher, mais moins cher ! La déflation est le contraire de l’inflation, ici, le prix augmente !

Et qu’est-ce qu’il y a de mal à cela ?

Les entrepreneurs continuent à produire la même quantité de produits, mais reçoivent moins d’argent pour cela. Il y a moins d’argent en circulation. Les ventes et les bénéfices chutent. Les entrepôts, cependant, sont encore pleins. Cela conduit à une surcapacité. Cette circonstance met les entreprises dans de sérieux problèmes.

Que peut-il se passer pendant une déflation ?

La déflation se produit souvent lorsque l’état des niveaux de prix généralement bas ou en baisse est permanent.

La baisse des prix ne s’accompagne généralement pas d’un renforcement de la consommation. C’est tout le contraire !

Quelles sont les causes de la déflation ?

Un tel état de déflation survient généralement en période de ralentissement économique. Les attentes des entreprises et des particuliers ne sont pas très élevées.

Ils sont généralement un peu plus pessimistes quant à l’avenir proche. Cela les rend plus prudents. Ils ne dépensent plus leur argent aussi rapidement et volontiers que pendant les “bonnes périodes”. Ils préfèrent épargner et ont également peur pour leur existence.

Par conséquent, il y a également moins d’argent en circulation dans l’ensemble.

La combinaison de la baisse des taux d’intérêt, du manque d’investissement et du faible pouvoir d’achat conduit à ce que l’on appelle le piège à liquidités.

Comme de nombreuses personnes continuent à emprunter par le biais de leurs prêts en période de mauvaise conjoncture économique, le capital des prêteurs augmente en même temps. Il est donc plus élevé, c’est-à-dire avant la déflation.

En économie de marché, et sauf choix politique délibéré, la déflation résulte structurellement d’un déséquilibre durable de l’offre et de la demande, la première étant supérieure à la seconde. Il en découle mécaniquement une baisse des prix qui s’auto-entretient. Les causes principales de ce déséquilibre, souvent cumulées, peuvent être de diverses natures :

  • surproduction de biens et d’offres de service,
  • contraction des débouchés,
  • diminution des coûts de production,
  • contraction de la masse monétaire en circulation,
  • surendettement et restriction du crédit,
  • politiques d’austérité et de monnaie forte.

Les dangers de la déflation

La majorité des économistes considèrent aujourd’hui la déflation comme un phénomène négatif qui génère une spirale aux effets délétères :

  • attentisme des consommateurs qui reportent leurs achats en espérant de nouvelles baisses de prix ;
  • diminution de la production et des investissements des entreprises pénalisées par des stocks excessifs, une contraction de leur trésorerie et un renchérissement du crédit ;
  • baisse des salaires et progression du chômage entraînant une chute du pouvoir d’achat des ménages.

À noter que la déflation sectorielle résultant d’un gain important de productivité ne répond pas aux mêmes critères. Elle débouche le plus souvent sur un renforcement de la demande et un développement rapide du secteur concerné. C’est notamment le cas pour le marché des nouvelles technologies.

Les effets néfastes de la déflation

La déflation procure aux ménages un gain de pouvoir d’achat, puisque les prix des biens et services s’orientent à la baisse. À priori, on pourrait penser que cela est bon pour la consommation et donc pour l’activité économique et la croissance. Or, il n’en est rien, bien au contraire.

La déflation provoque en effet des réactions attentistes de la part des agents économiques qui se révèlent particulièrement néfastes pour l’économie.

Les réactions des agents économiques

D’une part, la baisse régulière des prix incite les ménages à reporter leurs décisions d’achats dans l’attente de nouvelles chutes de prix. Ce comportement conduit à baisser la consommation globale et à gonfler les stocks des entreprises qui n’arrivent plus à écouler leurs productions. En réaction, celles-ci réduisent leur production et leurs investissements. Les salaires baissent, les embauches se raréfient et le chômage progresse, ce qui finit par affecter le revenu des ménages. Il s’ensuit une nouvelle baisse de la consommation qui engendre un cercle vicieux car auto-entretenu. La Grèce connaît ainsi une période prolongée de déflation.

D’autre part, la déflation provoque une dégradation de la situation financière des particuliers et institutionnels qui ont recours à l’emprunt. En effet, le coût réel de la dette (c’est à dire une fois l’inflation prise en compte) augmente avec la baisse de l’indice général des prix, car les remboursements des emprunts ne sont généralement pas indexés sur l’inflation. Il en résulte une moindre capacité à investir pour les entreprises et une moindre capacité à consommer pour les ménages endettés, ce qui renforce le cercle vicieux précédemment décrit.

Une spirale néfaste

La déflation est donc un piège en ce sens où elle génère une spirale néfaste à l’économie toute entière. Elle est en outre très difficile à combattre par les autorités monétaires car elle se nourrit des anticipations auto-réalisatrices des agents économiques : tant que ceux-ci pensent que le phénomène de baisse des prix généralisée va se poursuivre, ils adopteront toujours le même comportement attentiste qui est à l’origine de l’apparition de la déflation.

Le Japon a ainsi connu une phase prolongée de déflation depuis la fin des années 1990 que la politique monétaire n’a pas réussi à combattre efficacement. Les autorités monétaires japonaises ont en effet réagi trop tardivement alors que la déflation était déjà présente, si bien que ni les baisses de taux d’intérêt ni les politiques d’injection de liquidités dans le système financier n’ont réussi à endiguer la spirale de baisse des prix.

Tout l’enjeu pour les autorités monétaires est donc d’agir préventivement afin d’éviter que l’économie ne tombe dans la déflation.

Que peut-on faire contre la déflation ?

L’État peut contrer la déflation par des décisions de politique fiscale intelligentes. L’augmentation de la masse monétaire par la banque centrale entraîne l’augmentation de la vitesse de circulation de la monnaie et la diminution de la valeur de la monnaie, ce qui peut aboutir à la stabilisation des prix.

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